Marcel Tessier

Historien et porte-parole du Village québécois d’antan, Marcel Tessier a enseigné l’histoire pendant plus de 35 ans. Ce qui le passionne dans l’histoire? «Savoir d’où l’on vient, car si on ne le sait pas et si on ne connaît pas nos racines, on ne peut pas s’identifier comme quelqu’un, comme un personnage ou comme un peuple.»

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Marcel Tessier à propos des entrepreneurs francophones

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Moi, je peux vous parler de ça en connaissance de cause. Mon père a eu son petit magasin de fer, comme on disait, sa propre entreprise avec son frère jumeau. J.A.Tessier, ferronnerie. On appelait ça un magasin de fer mais c’était un entrepreneur. Il avait travaillé avant pour d’autres compagnies, Noiseux, il a travaillé dur, et un moment donné, il a réussi à se ramasser un petit capital avec mon oncle, et puis à avoir son magasin à lui. C’était un premier entrepreneur.
On parle dans les années 35-40. La personne qui avait une entreprise dans le quartier était considérée comme un monsieur. Monsieur Tessier! Parce que y avait son commerce, et puis il travaillait, y avait pas de patron au-dessus de lui. Pis il faisait des affaires. Et comme de fait, le pére, chez nous, c’était un gars brillant. Il a réussi à acheter trois six-logements.
Et puis c’est sûr qu’il fréquentait d’autres petits commerçants. Et c’était une petite bourgeoisie. Ça commençait. Mais cette bourgeoisie-là pour grossir visait à s’allier bien sûr avec ceux qui avaient le capital.
Pis y a eu à ce moment-là des magasins de fer comme Pascal Hardware. Des gros magasins comme ça qui ont tué les petits. Alors mon père, pendant la Deuxième Guerre mondiale, il avait cessé d’avoir son magasin parce que y avait pu d’argent, le monde dépensait très peu. Mais plus tard, il a été travailler pour Omer DeSerres, qui avait son gros magasin au coin de St-Denis pis Ste-Catherine.
Et Omer DeSerres, c’était un Canadien français qui a ouvert ce magasin-là pour faire une concurrence loyale à Pascale Hardware pis ben sûr y a eu Dupuis et Frères, sur la rue Ste-Catherine, y avait Morgan, Eaton, Ogilvy, y avait je ne sais pas combien de magasins anglophones. Alors que les Canadiens français se contentaient de un ou deux grands édifices comme ça.
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