Isabelle Boulay

Née en Gaspésie, la chanteuse Isabelle Boulay attribue à ses origines et à sa région natale beaucoup de ce qu’elle est aujourd’hui. « Là d’où je viens, la nature est très forte. Quand la mer se lève, il n’y a rien pour calmer son ardeur.»

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Isabelle Boulay à propos de son enfance

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Quand je suis née, ma mère travaillait encore au restaurant familial, parce que mes parents l’ont gardé jusqu’à ce que j’aie 5 ans. On avait avec cette époque ce que mon ami Johnny Hallyday appellerait des nourrices ou une nurse. On avait des gens qui aidaient ma mère dans la vie quotidienne, parce qu’elle avait comme deux situations à gérer. Et y avait ma grand-mère et ma tante Adrienne, qui vivaient à cette époque-là, dans la même maison que nous.
Donc, j’étais entourée de beaucoup de femmes, à part ma mère, qui aidaient au quotidien, qui nous faisaient à manger, qui prenaient soin de nous. Mais ma mère travaillait quand même beaucoup aussi à la maison, j’ai toujours vu ma mère travailler énormément.
Et quand mon frère est né, mes parents ont commencé à vouloir vendre le restaurant. Et après ça, j’ai connu ma mère plus à la maison. Parce qu’elle avait pris la décision d’arrêter de travailler à l’extérieur de la maison pour prendre soin de nous.
Et je me souviens, à chaque fois qu’on rentrait de l’école pour le dîner, ça sentait bon, ça sentait le bon manger. Et le soir, c’était pareil. Et quand on rentrait, quand c’était le temps des fêtes, y avait toujours des extra. Ma mère cuisinait beaucoup, pis mon père c’était un cuisinier aussi. Alors ça sentait toujours la nourriture chez nous.
Même quand on a vendu le restaurant, la maison chez nous, c’est resté comme une espèce de lieu de rencontres où on faisait des grandes réceptions, la famille venait manger. Y avait toujours quelque chose à manger, chez nous.
Et à cette époque-là, bon, ma tante Adrienne et ma grand-mère étaient allées vivre ailleurs parce qu’on avait eu besoin de toute la maison, et là, y a ma sœur qui est née, pis je me souviens que ma mère a recommencé à partir de ce moment-là à sortir un peu de la maison. Elle était dans les regroupements de femmes, le Cercle des fermières, l’AFEAS (NDLR : Association féminine d’éducation et d’action sociale, fondée en 1966), et je pense que c’était une manière pour elle de se libérer un peu de la vie domestique.
Et à cette époque-là, je me souviens que ça été les premières fois où j’ai assisté aux conversations de ma mère avec ses amies, elles se parlaient entre femmes. Elles commençaient à se libérer, à s’émanciper, ou à avoir le désir de le faire.
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