Marcel Sabourin

Ce comédien à la carrière aussi riche que diversifiée est depuis toujours très actif au théâtre, à la radio, à la télévision et au cinéma. Également auteur, metteur en scène, scénariste et enseignant, il possède une feuille de route impressionnante. Avec plus d'une cinquantaine de films à son actif, Marcel Sabourin est sans conteste l'un des piliers du cinéma et de la télévision au Québec.

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À propos du métier

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C’est ça le métier. Ceux qui sont pas prêts à faire ce métier-là, sont mieux y a toutes sortes d’autres affaires à faire. Mais c’est un métier impitoyable. Ça s’appelle la production audio-visuelle. Ou audio seulement pour ce qui est de la radio. Toutes les productions qui vont dans votre salon, dans votre cuisine, dans vos oreilles, dans vos écouteurs, toutes les chansons… c’est tout comme ça. C’est terrible. Terrible. C’est le fun!

Les qualités de narrateur 
Y a des centaines de bons narrateurs et de bonnes narratrices qui pourront le faire le travail que je fais. Et ça aussi, quand tu fais de la narration, tu sais très bien qu’il y a beaucoup de gens qui peuvent faire ça. Y a beaucoup de gens qui, à cause d’un physique tout à fait ingrat, ne peuvent pas faire de caméra, ne peuvent pas faire de… ne peuvent pas paraître. Ou entre à cause d’un manque de formation, ne peuvent pas être acteurs, actrices, mais ils ont des voix absolument magnifiques.

À propos du documentaire 
La narration, et de jouer un rôle, c’est très très différent. Et la narration pour ce type d’émission, c’est très différent de la narration pour un documentaire. Parce que la narration pour un documentaire, ça se moule, ça se modèle toujours un peu sur le message du documentaire. Eh bien si je fais la narration sur ça [ Fog of War] , eh mon Dieu, ça va être beaucoup plus objectif. Ça va être beaucoup plus… ça va être autre chose. Tout à fait. Tout à fait.

Sa première impression de La mémoire qui tourne 
Ce qui m’a le plus marqué des images, y en a, entre autres, une affaire qui m’a énormément marqué, c’est quand la production m’a envoyé un DVD avec un 30 secondes qu’on avait fait pour la présentation du projet. La production m’envoie, tout à coup, un petit paquet. Aie, j’ai dit à Françoise, ma compagne, «regarde, ils m’ont envoyé ça». Pis le soir, on regarde, je pense qu’on regardait la télévision, je sais pas quoi, je pense PBS, pis je dis : «Ah oui, y a le DVD que j’ai reçu, je veux regarder ça si on a quelques minutes». C’était entre 2 émissions. Alors je mets ça comme ça.
Et puis, je regarde ça, et je vois à côté, ma femme qui est très émue. Pis on se fait pas de cadeau de… C’est pas une enthousiaste pour toutes les affaires que je fais. Pantoute. Elle prend ça très bien, comme ça, mais c’est tout. Elle est habituée, je fais ben des choses.
Mais là, elle dit : «C’est très émouvant, Marcel! Ce petit 30 secondes-là.» J’ai dit : «Ben oui, moi aussi, je suis très ému». Et là, je me suis dit, mais vraiment, vraiment, cette émission-là, ça peut marcher. Ça peut émouvoir les gens. Et leur transmettre quelque chose qui vient d’il y a longtemps, transmettre ça dans un instant présent, c’est-à-dire aujourd’hui.

Le produit final de la narration 
Attendez, je vais vous le faire. Pis là, je donne 3, 4, 5 versions. Pis là, il faut qu’ils décident.
Il faut qu’ils fassent des choix, y a tu quelque chose de plus difficile dans la vie, pour certaines personnes. Pour moi, entre autres, de faire des choix. Eh, ben, là, je suis un peu vache vis-à-vis de la production et je leur donne plusieurs choix à faire. Alors, ça leur donne… ça justifie leur job! (rires)
Mais en même temps, ce dont je suis persuadé, et j’en ai la preuve, de multiples preuves : ça donne un meilleur bébé. Le bébé, c’est ce qu’on appelle en jargon, l’output. C’est ce que vous voyez à la maison. Ce bébé-là, tout le monde depuis 3 ans qu’on travaille ce projet-là, jusqu’à après qu’on aura enregistré la narration, tout le monde travaille à ce que l’output soit impeccable.
Et impeccable, ça veut dire correspondre le plus possible à ce qu’on veut qu’il soit, parce que ce qu’on veut qu’il soit – on est des professionnels et on sait que ça va vouloir dire quelque chose au max de nos talents, de nos possibilités. De notre travail. Ça va vouloir dire quelque chose aux gens qui le reçoivent à la maison. Et on peut se tromper complètement.
Il se peut qu’on pense tous et qu’on travaille tous très fort à un objet, comme tant et tant de films, tant et tant de séries de télévision pendant des années et des années, qu’on fasse de notre mieux, qu’on pense au bébé, qu’on pense à l’output. Et on donne le bébé,… et les gens le trouvent laid! Yé laitte ce bébé-là! Y a des mauvaises ondes. Ça ne nous rejoint pas. Et le bébé fait pfftt… ça, on appelle ça un flop! (rires) C’est terrible, c’est un métier très dur. Terrible! Sans pitié!
Et c’est une bulle de rêve qui vous arrive, qui vous envahit. Pis si elle est pas bonne, si le bébé est laitte, je vous dis que la bulle de rêve, je vous dis qu’elle pète vite. Au bout de 5, 10 secondes ou 5, 10 minutes, le bonhomme, la bonne femme, c’est-à-dire, vous-mêmes, monsieur, madame, vous avez zappé… on est pu là! Vous êtes ailleurs.
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