Gaston Lepage

Originaire de Saint-Félicien au Lac-Saint-Jean, Gaston Lepage a joué des rôles de premier plan au théâtre, à la télévision et au cinéma. Amateur de chasse et de pêche, on le retrouve souvent, durant la belle saison, aux commandes de son hydravion ou de son hélicoptère, ou en train de taquiner le poisson, à bord d'une petite chaloupe sur un lac perdu du nord québécois.

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À propos de la pêche

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Faut connaître aussi les habitudes du saumon. Le saumon, habituellement, monte la rivière la nuit, et s’arrête le jour, et il reste dans la fosse. Et s’il y a une mouche qui lui passe sous le nez et qu’il est tenté de la prendre, il va monter, il va la ramasser et il va la noyer, pis ensuite, il la crache. Il est pas en rivière pour manger. Il est en rivière pour venir procréer. Et tout le temps qu’il va passer en rivière, ça peut aller jusqu’à un an, il mange pas. Il peut perdre jusqu’à 30 % de son poids. Alors, ça, ça c’est une espèce particulière le saumon. C’est le roi de nos eaux, hein. Salmo salar.»
« […] mais le saumon, il était là, je le voyais très bien. Il devait faire 30 livres au moins.On était quelque chose comme le 18 juillet. Et je l’ai essayé de toutes les façons différentes pendant 3, 4 heures. J’ai mouché ça, y a jamais bougé! Pis j’ai abandonné. Pis je suis allé, y avait un camp pas loin, pis y avait un guide qui était là. Et je lui conte… j’étais en train de pêcher le saumon… y a un gros saumon là, il veut pas grouiller pantoute, tabarnouche, je lui ai tout passé tout ce que j’avais dans tous les sens… ‘’Ah, il dit, le gros saumon qui est là, il est arrivé le 6 juin!’’ (rires) Il est là depuis le 6 juin. Ça faisait un mois et demi qu’il était là ce saumon-là. Il avait pas bougé depuis un mois et demi.» «Dans les années 50, là, c’était dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, entre l’Abitibi-Témiscamingue et le lac Saint-Jean, le nec plus ultra, ça devait être au nord des monts Vallin, au nord de Dolbeau.»
«Aie, moi, j’ai passé des soirées entières sur le bord d’un feu! Il faisait un petit peu frais, pis sur le bord du feu, tu gèles pas, pis tu penses à tes vieux péchés. (rires) ou à ton avenir. Ou à ce que t’as fait dans la vie, ou ce que tu vas faire demain.»
«Mais y a des pays où les gens se cachent pour pêcher. Ils se cachent pas des autres, ils se cachent des poissons. Vous me croyez pas, hein?»
«Faut pas croire tout le monde, c’est des pêcheurs après tout, hein!» (rires)
«La pêche, c’est formidable. C’est accessible à tout le monde. Et c’est sain en plus. Pis ça nous apprend que ce qu’on mange, y a quelqu’un qui le tue. Quand on le tue soi-même, on se rend compte que y a un poisson qui va mourir, pis on va le manger. Ben, si on veut devenir végétarien, on sait pourquoi. On sait pourquoi parce qu’on fait l’expérience de ça.»
«Parce que en chacun de nous, y a ce prédateur, même si on a 4 ans. Y a un p’tit fond de prédateur, là, qu’on ne perdra jamais, on est des animaux nous autres aussi. Et ça prend tout le temps le dessus.»
«Le plus vieux… le plus ancien… j’étais avec mes frères, sur la terre à bleuets de mes parents. Et puis, y avait un petit ruisseau qui coulait en bas. Et ça c’est vraiment mon plus ancien souvenir de pêche. On pêchait la truite avec un p’tit bout de bois, une corde pis un hameçon au bout avec un ver trouvé n’importe où, n’importe quoi qu’on pouvait accrocher après. Pis tu les voyais, hein, les p’tites truites dans l’eau claire, et puis tu lui mettais ça au-dessus du nez, pis pfftt… tu la prenais.»
«C’est comme à l’ancienne, hein. Ils pêchaient à la mouche, avec des cuissardes, tu la lances dans l’eau, pis ils queutent le saumon, on appelle ça queuter le saumon. L’attraper par la queue, plutôt que de le mettre dans un filet. » (en regardant un film des années 30 où on voit un pêcheur de saumon)
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