Noël
NOËL
Les diverses joies de l’hiver québécois sont bien documentées dans les films de famille. Joie des enfants qui s’amusent dehors une fois l’école finie, construction du bonhomme de neige (tradition alsacienne du 16e siècle), effervescence des préparatifs de Noël: la décoration du sapin et de la façade de la maison avec des ampoules multicolores. À noter: dans les films plus anciens, on va couper un sapin dans le sous-bois. Dans les films des années 70, on va acheter le sapin dans des lots d’arbres déjà coupés ou l’on se procure des arbres artificiels argentés.
LE PÈRE NOËL
La perception québécoise du père Noël rejoint celle des États-Unis, amalgamée aux traditions européennes (Saint Nicolas, et autres). Le premier père Noël, tel que nous le connaissons tout de rouge vêtu et rieur, apparaît dans les publicités de Coca-Cola en 1930. Sans qu’il s’agisse de particularités québécoises, nous associons le père Noël à certains rituels: la parade* sur la Plaza St-Hubert (1960), la parade de la rue Sainte-Catherine aboutissant chez Eaton’s, et plus récemment l’arrivée du père Noël en hélicoptère dans les centres commerciaux. Notons aussi la filée d’enfants attendant leur tour pour s’asseoir sur les genoux du père Noël et faire leur «commande» (photo souvenir, en sus!). Dans les familles, ce sont les papas, oncles et amis (dans des accoutrements pas toujours dignes du vieil homme à barbe!) qui incarnent le père Noël et distribuent les cadeaux.
* parade : anglicisme. La tradition anglophone a substitué le mot parade au mot français, défilé.
LES CADEAUX
Comme on le constate dans les films, l’évolution du cadeau de Noël suit la courbe de consommation: de l’orange déposée dans le bas de Noël tricoté main à l’avalanche d’emballages et des choux renfermant des produits manufacturés. Là -dessus, l’outil de référence privilégié est le catalogue. Que de rêves sont nés en feuilletant les catalogues de Noël de Dupuis (publié de 1920 à 1963), Eaton’s, Simpson’s, mais aussi celui du Canadian Tire (pour les cadeaux des messieurs…). Ces catalogues permettent de dater les cadeaux que l’on voit dans les films de famille. Le type de cadeaux offert est aussi tributaire de l’époque: dans les années 50 et 60, les rôles sont encore très définis : les petites filles ont leur vaisselle miniature; les garçons, leur panoplie de cow-boy; les mamans, leur balayeuse et les papas, leur cravate. Dans les années 70, certains cadeaux sont plus spécifiquement québécois: des disques locaux, des casse-tête représentant la famille Plouffe, des poupées Patof, etc.
Les films de famille illustrent aussi plusieurs rituels, généralement empruntés à la culture américaine: les bas de Noël accrochés à la cheminée (quand cheminée il y a, faute de quoi on les accroche à une rampe d’escalier ou carrément dans le sapin); les biscuits et le verre de lait laissés en collation pour le père Noël.
Selon les familles et les époques, le matin de Noël amène différents rituels. Par exemple, chez les uns, on va réveiller les enfants après la messe de Minuit pour le déballage des cadeaux. Dans les films plus anciens, le rassemblement familial est élargi aux oncles, tantes, cousins et cousines, alors que dans les films plus récents, c’est souvent dans l’intimité du noyau familial que le dépouillement des étrennes se passe.
Un commentaire a été ajouté par MarieMichele : 06 avril 2010