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  • La chasse au Québec

    Voici une activité dont les films de famille font largement état: l’évolution de la perception québécoise de la chasse est ainsi documentée. La chasse est omniprésente dans l’histoire du Québec. Dès les débuts de la colonie, ce fut le moyen de survie des premiers colons, d’autres en firent un métier : trappeurs, chasseurs, coureurs des bois. La chasse a aussi alimenté l’imaginaire québécois par des légendes de loups-garous et de chasse-galerie, fortement influencées par la religion catholique.

    Expérience unique en Amérique, dès 1880, sont mis en place les clubs privés: des promoteurs négociaient un bail avec le gouvernement pour un territoire sur les terres de la Couronne. L’exclusivité de la chasse et de la pêche était octroyée au promoteur en échange de redevances. Les clubs devinrent rapidement « discriminants » et furent d’abord réservés à l’élite bourgeoise avant de s’ouvrir aux classes moyennes au 19e siècle. Les critères de sélection restaient toutefois à la discrétion des clubs. Il y avait 50 clubs en 1896, 300 en 1915 et 500 en 1923. Leur nombre s’élève à 2000 dans les années 60. Une longue bataille menée par les Québécois au début des années 70 pour avoir accès à leurs forêts pour la chasse et la pêche fut remportée et les clubs privés ont été abolis en 1977. De nos jours, la chasse est essentiellement sportive et régie par le ministère du Loisir, de la Chasse et de la pêche.

    Nos ancêtres pratiquaient la chasse à la manière des Amérindiens, leur empruntant les techniques, (pistages) les outils et les rituels : canots d’écorce, raquettes à neige, «call de l’orignal» et exposition du panache de la bête… Rituel qui n’est pas perçu comme étant barbare, au contraire: nos films montrent des familles entières qui posent devant la carcasse de l’animal sur l’auto. La chasse, on le constate aussi, est un rituel masculin, un rituel de valorisation de l’homme québécois. Les films de famille abondent aussi de scènes de préparation, de départs pour la chasse, et de captures de gibier, et aussi de magnifiques paysages d’automne.

    Source : UQTR – Histoire et culture régionale au Québec

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