LA CONSCRIPTION
«Les Québécois de souche, écrivait l’historienne Béatrice Richard dans son essai
Le Raid de Dieppe, paru en 2002, semble avoir oublié leur participation militaire
à ce conflit, cultivant plutôt la mémoire de leur résistance à la conscription.»
«Il y eut pourtant entre 84 000 et 90 000 volontaires canadiens-français pendant
la Seconde Guerre mondiale et ils ont formé 20% de l’effectif militaire volontaire
du Canada.»
«Les historiens nationalistes francophones choisirent de ne privilégier que la lutte
contre la conscription et les déserteurs qui la refusèrent en fuyant dans les bois
ou ailleurs. Tandis qu’outré par le refus des Franco-Ontariens d’endosser la
conscription lors du référendum de 1942, les historiens anglo-canadiens
ignorèrent le fait que 90 000 des nôtres se sont enrôlés volontairement, on
combattu et souvent se sont fait tuer au front.» (Pierre Vennat, La Presse,
dimanche 15 septembre 2002)
En septembre 1939, alors que le spectre de la conscription se réveille à nouveau,
un pacte entre Anglo-Canadiens et Franco-Canadiens par lequel le Québec
accepte de participer à l’effort de guerre, mais sur une base volontaire. Slogan
de MacKenzie King : «La conscription si nécessaire mais pas nécessairement la
conscription»
72% des Québécois ont voté NON à la conscription. 90% des Canadiens-français
refusent qu’on lève une armée de conscrits pour le service outre-mer. (Béatrice
Richard, Le Devoir, 18 novembre 1996)
«Bien qu’on ait conscrit des centaines de milliers de jeunes hommes (dans le
Canada au complet), on en envoya seulement 13 000 en Angleterre, dans des
cantonnements. Et la plupart de ces jeunes étaient déjà membres de la Réserve
(initialement seulement prévue pour la défense du pays).
De ces 13 000, seulement 2663 furent envoyés au front. Et de ces 2000
hommes, à peine 69 furent tués. Voilà les chiffres. La vérité c’est que seulement
69 morts sur 42 042 tués au combat furent des conscrits. Je n’ai
malheureusement pas le nombre de blessés conscrits, mais le nombre total de
blessés canadiens s’élève a 53 145, pour la seconde guerre mondiale.
D’autre part, Jean-Yves Gravel nous rappelle, qu’à la suite de la loi de la
Conscription en 1942, seulement 14 500 conscrits dans l’ensemble du Canada
sont mobilisés pour outre-mer où seulement 2400 des 4100 Canadiens " absents
en permanence " étaient des Québécois (toutes langues confondues).
Les Canadiens français pouvaient venir du Québec et des autres provinces
canadiennes où les communautés francophones sont minoritaires. Il faut noter
cependant que l'on retrouve un nombre conséquent de francophones dans les
provinces de l'Ontario, du Nouveau-Brunswick et du Manitoba. La quantification
des francophones dans les forces armées canadiennes demeure périlleuse.
Cependant, l'historien Serge Bernier estime qu'environ 161 000 Canadiens
français provenant de la confédération canadienne étaient incorporés dans les
trois armées.
De cet effectif, une autre estimation évalue de 84 000 à 90 000 Québécois de
langue française qui se sont portés volontaires, ce qui représentait près de 16. 5
% des volontaires du Canada. Il faut ajouter à cela, environ 80 000 autres
Canadiens français ( francophones ) provenant des autres provinces du Canada.
Ce chiffre n'est pas à négliger, bien qu’à priori, il semble faible. Cependant,
rappelons-nous que le Québec avec ses 3 332 000 habitants ne représentait que
29 % de la population canadienne en 1941, parmi laquelle environ 81 % était de
langue française ( 2 717 000 francophones ) Québec. Il y avait environ 469 000 Québécois
d’expression anglaise, et quelques dizaines de milliers de Canadiens dont la langue à la maison
était autre que le français et l’anglais.