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    Publié par : Carmen Desmeules

    Dans : Blogue

    Date : 18 mai 2011

    LA CONSCRIPTION

    «Les Québécois de souche, écrivait l’historienne Béatrice Richard dans son essai Le Raid de Dieppe, paru en 2002, semble avoir oublié leur participation militaire à ce conflit, cultivant plutôt la mémoire de leur résistance à la conscription.» «Il y eut pourtant entre 84 000 et 90 000 volontaires canadiens-français pendant la Seconde Guerre mondiale et ils ont formé 20% de l’effectif militaire volontaire du Canada.» «Les historiens nationalistes francophones choisirent de ne privilégier que la lutte contre la conscription et les déserteurs qui la refusèrent en fuyant dans les bois ou ailleurs. Tandis qu’outré par le refus des Franco-Ontariens d’endosser la conscription lors du référendum de 1942, les historiens anglo-canadiens ignorèrent le fait que 90 000 des nôtres se sont enrôlés volontairement, on combattu et souvent se sont fait tuer au front.» (Pierre Vennat, La Presse, dimanche 15 septembre 2002) En septembre 1939, alors que le spectre de la conscription se réveille à nouveau, un pacte entre Anglo-Canadiens et Franco-Canadiens par lequel le Québec accepte de participer à l’effort de guerre, mais sur une base volontaire. Slogan de MacKenzie King : «La conscription si nécessaire mais pas nécessairement la conscription» 72% des Québécois ont voté NON à la conscription. 90% des Canadiens-français refusent qu’on lève une armée de conscrits pour le service outre-mer. (Béatrice Richard, Le Devoir, 18 novembre 1996) «Bien qu’on ait conscrit des centaines de milliers de jeunes hommes (dans le Canada au complet), on en envoya seulement 13 000 en Angleterre, dans des cantonnements. Et la plupart de ces jeunes étaient déjà membres de la Réserve (initialement seulement prévue pour la défense du pays). De ces 13 000, seulement 2663 furent envoyés au front. Et de ces 2000 hommes, à peine 69 furent tués. Voilà les chiffres. La vérité c’est que seulement 69 morts sur 42 042 tués au combat furent des conscrits. Je n’ai malheureusement pas le nombre de blessés conscrits, mais le nombre total de blessés canadiens s’élève a 53 145, pour la seconde guerre mondiale. D’autre part, Jean-Yves Gravel nous rappelle, qu’à la suite de la loi de la Conscription en 1942, seulement 14 500 conscrits dans l’ensemble du Canada sont mobilisés pour outre-mer où seulement 2400 des 4100 Canadiens " absents en permanence " étaient des Québécois (toutes langues confondues). Les Canadiens français pouvaient venir du Québec et des autres provinces canadiennes où les communautés francophones sont minoritaires. Il faut noter cependant que l'on retrouve un nombre conséquent de francophones dans les provinces de l'Ontario, du Nouveau-Brunswick et du Manitoba. La quantification des francophones dans les forces armées canadiennes demeure périlleuse. Cependant, l'historien Serge Bernier estime qu'environ 161 000 Canadiens français provenant de la confédération canadienne étaient incorporés dans les trois armées. De cet effectif, une autre estimation évalue de 84 000 à 90 000 Québécois de langue française qui se sont portés volontaires, ce qui représentait près de 16. 5 % des volontaires du Canada. Il faut ajouter à cela, environ 80 000 autres Canadiens français ( francophones ) provenant des autres provinces du Canada. Ce chiffre n'est pas à négliger, bien qu’à priori, il semble faible. Cependant, rappelons-nous que le Québec avec ses 3 332 000 habitants ne représentait que 29 % de la population canadienne en 1941, parmi laquelle environ 81 % était de langue française ( 2 717 000 francophones ) Québec. Il y avait environ 469 000 Québécois d’expression anglaise, et quelques dizaines de milliers de Canadiens dont la langue à la maison était autre que le français et l’anglais.

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