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    Publié par : Carmen Desmeules

    Dans : Blogue

    Date : 20 avril 2011

    Pensionnat de jeunes filles

    Être pensionnaire avant 1950, au Québec, c’était avoir une vie très différente des pensionnaires d’aujourd’hui. Il y a 100 ans, les élèves se levaient vers cinq heures, chaque matin. Après un débarbouillage à l’eau froide, on faisait la prière en commun. À chaque jour, à 6 heures, tout le monde se rendait à la messe et le petit déjeuner était à 7 heures. Vers 1925, les élèves pouvaient généralement dormir jusque vers 6 heures. Une religieuse réveillait les filles en sonnant une cloche ou encore, elle entrait dans le grand dortoir en récitant très haut la prière du matin. Les élèves devaient alors se lever et s’agenouiller sur le plancher, très froid en hiver. Ensuite, elles se préparaient, elles aussi, pour la messe quotidienne. Il y a environ 40 ans, quelques pensionnats ont permis qu’à certains jours, la messe ne soit pas obligatoire. Mais partout, après le petit déjeuner, c’était la corvée de ménage. Chaque élève avait une tâche précise. Les plus chanceuses époussetaient les bancs de la chapelle ou la sacristie. Les moins chanceuses nettoyaient les toilettes et les baignoires. Mais les plus grosses corvées étaient celles du jeudi ou, plus tard, du samedi. Régulièrement, des équipes devaient nettoyer tous les planchers du couvent. Dans les pensionnats d’autrefois, les occasions de se distraire étaient rares. Même les repas se prenaient en silence car une religieuse ou une élève faisait une lecture pieuse. Une journée normale comprenait quatre à cinq heures de cours, deux à trois heures d’activités religieuses, et tout au plus, une heure trente à deux heures de récréation, selon les époques. Entre 15 et 16 heures, les élèves avaient une courte récréation et une collation. Pendant plus de 100 ans, le menu le plus courant est resté le même : une tartine à la mélasse. Selon les couvents, la récréation du soir était suivie d’études ou de chants. Puis, c’était l’heure de la prière et de la toilette. Jour de classe ou jour de congé, le coucher était à 20h30… et en silence. » Jusqu’en 1950, la plupart des pensionnaires du Québec n’avait que deux congés pendant l’année scolaire. Généralement, le congé des fêtes commençait le lendemain de la fête de Noël et se terminait après le 6 janvier. Le congé de Pâques durait quatre à cinq jours. Lorsque les familles habitaient dans des régions éloignées du pensionnat, les élèves n’allaient dans leur famille que pendant le temps des fêtes et les deux mois d’été. C’est donc dire qu’une fille qui était pensionnaire de 7 ans à 17 ans ne connaissait presque pas ses parents ou ses frères et sœurs. Bien sûr, le dimanche, il était permis de recevoir la visite des parents au parloir. Toutefois, ces visites se faisaient sous la surveillance d’une religieuse. Il aurait donc été mal vu qu’une élève se plaigne, par exemple, de la nourriture, d’un de ses professeurs, ou même qu’elle manifeste son ennui ou une quelconque insatisfaction. Puis, de 1960 à 1970, les règlements ont changé très rapidement. Il est vite devenu normal que les pensionnaires sortent à toutes les fins de semaine. Beaucoup moins d’élèves étaient pensionnaires, car il y avait des autobus scolaires partout. Les polyvalentes donnaient des cours qui, avant, n’étaient donnés que dans quelques écoles spécialisées. (source : DUMONT, Micheline et Nadia FAHMY-EID, Les couventines, Montréal, Boréal Express, 1986. Auteure : Micheline Champoux )

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